Petit historique, par Jean-Charles
Freycon.
12/07/06
Réconcilier le corps et l’esprit, tel fut sans doute
le credo de Maître Ueshiba, quand il fonda l’aïkido,
au début du XXè siècle, refondant des techniques
millénaires issues notamment du Ju Jutsu et du Budo japonais,
tout comme le forgeron trempe et retrempe inlassablement la lame
avant de la polir.
Un art martial peut aussi être un art de la paix, avec
soi-même comme avec l’autre. Le degré ultime
de l’art du sabre est de ne plus avoir à le dégainer.
Rien d’étonnant alors de considérer qu’il
n’y a aucune compétition, en aïkido, aucun adversaire,
juste un travail patient et rigoureux (tout comme le forgeron
trempe et retrempe la lame) sur soi-même, en accord avec
l’autre. On ne se mesure pas, on essaye de se comprendre,
de trouver une harmonie. (L’aïkido est la Voie de l’Harmonie.)
Être plus fort ne signifie rien, car il n’y a aucun
adversaire à terrasser, sinon ses propres blocages, ses
propres insuffisances qui nous tiennent à distance de ce
qui a lieu ici, à cet instant. Le corps n’est rien,
tout seul, l’esprit non plus. Dans l’action, comme
dans la méditation, ils ne font plus qu’un. Peut-être
qu’alors l’aïkido serait une sorte de méditation
dans l’action ?
L’EPA (Ecole européenne pour l’Aïkido),
fondée par Alain Peyrache, vise à enseigner un aïkido
traditionnel, respectueux de l’Œuvre du Maître,
non seulement dans la forme, mais également dans le fond,
l’un sans l’autre n’étant que coquille
vide, tâchant ainsi d’éviter les dérives
et aberrations observées ici et là : tentation de
la pure performance, de la technique pour la technique, de la
compétition, bureaucratisation, et caetera.
Marie Burdin, enseignante au sein de l’EPA, anime le Dojo
(Lieu de la Voie) situé rue de Condé, dans le deuxième
arrondissement lyonnais. Pour elle, rien n’est acquis. Elle
continue d’apprendre, d’apprendre à apprendre.
Avec elle, on comprend que douceur et énergie ne sont pas
ennemies et que tout le monde peut pratiquer l’aïkido,
fille ou garçon, jeune ou moins jeune, sportif ou pas du
tout. Moi-même, grand paresseux devant l’éternel,
à priori rétif à toute activité de
nature physique, pataud invétéré, grandement
méfiant à l’égard de tout ce fatras
spiritualo-royal-cheese qu’on nous sert jusqu’à
l’écœurement depuis pas mal d’années,
j’y trouve mon compte : mon corps, petit à petit,
semble devenir moins encombrant, mes pensées également,
je me sens beaucoup mieux. Merci, Marie.